CAN 2025: La vraie piqûre de la CAN — ce que la TAS peut et ne peut pas faire sur le cas Sénégal-Maroc
29 mars 2026
Par: Dr. Hassan Shatto, médecin marocain
Dans le tumulte autour de la finale de la CAN 2025, circulent des récits affirmant que la TAS pourrait inverser le trophée en faveur du Sénégal après un recours contre la décision de la CAF. Une lecture juridique posée montre que ces scénarios relèvent davantage de souhaits que de réalité juridique.
Ce que voit réellement la TAS
La TAS n’est pas une cour qui réexamine les résultats sur le terrain ni qui réévalue les décisions d’arbitrage prises en cours de match. Elle vérifie essentiellement le respect des règles, l’application correcte des lois et l’absence d’abus dans les sanctions.
En clair, le débat n’est pas de savoir qui était le mieux mais si les règles ont été appliquées correctement et sans discrimination.
Le retrait et le cadre juridique
Un élément-clé est le départ des Sénégalais du terrain: ce retrait est juridiquement considéré comme un abandon. Même si l’équipe revient ensuite, le retrait peut déclencher des sanctions administratives et la validité de la rencontre peut être mise en question.
Dans la pratique, un retrait crée des doutes sur le déroulement normal du match et peut ouvrir la porte à des mesures disciplinaires qui touchent le score ou la poursuite des procédures.
Scénario probable devant TAS et implications
Le scénario le plus plausible devant TAS serait la confirmation de la décision CAF, la qualification du retrait comme abandon et l’imposition de sanctions administratives, potentiellement y compris le maintien ou la révision du score par les autorités compétentes.
Changer la donne et attribuer le titre au Sénégal nécessiterait des preuves d’erreurs manifestes dans l’application des règles ou d’un préjudice clairement démontré, ce qui ne semble pas avéré à ce stade.
Entre droit et espoir
Les amateurs peuvent vouloir une narration qui serve leur couleur, mais la justice sportive se fonde sur les textes et les précédents plutôt que sur l’affection pour une nation.
Le droit ne répare pas les émotions sur le terrain; et si l’on cherche une pointe d’humour: dans le droit du sport, arrêter le match peut déclencher des sanctions, mais pas un trophée supplémentaire.
Punchline 1: Dans le monde des lois sportives, le sifflet est plus discipliné que le cœur des supporters; il ne s’emballe jamais à la moindre émotion.
Punchline 2: Si la CAN se décidait sur les lois, autant écrire le règlement en code source — au moins on verrait clairement les bugs avant la mi-temps.