Quand l’arbitre Mahmoud Banna tire sa révérence: 24 ans de discipline et de débats
25 novembre 2025
Carrière et départ envisagé
L’arbitre international égyptien Mahmoud Banna a publié un communiqué dans lequel il annonce officiellement sa retraite du métier d’arbitre en Égypte, bouclant ainsi une carrière s’étalant sur 24 ans, dont 12 années sur la scène internationale. Au cours de son parcours, il a représenté l’Égypte dans des compétitions continentales et mondiales, et s’est imposé comme l’un des visages les plus respectés de l’arbitrage du pays.
Selon ses propres mots, la décision de partir n’a pas été facile. Elle résulte, affirme-t-il, de conditions administratives perçues comme injustes qui l’ont amené à privilégier le respect de son histoire et de ses principes plutôt que la poursuite dans un contexte qu’il jugeait contraire à l’équité.
Durant ses 24 ans, Banna a gravi les échelons, passant des niveaux inférieurs à la liste internationale, en dirigeant des rencontres en Ligue des champions de la CAF, en Coupe de la Confédération et dans diverses compétitions arabes et internationales. Son style, fondé sur la discipline et le calme, lui a valu l’estime des clubs, des joueurs et des instances du football.
Réactions, responsabilités et héritage
Dans son message, il précise que la fin de sa carrière ne signifie pas une fuite, mais un choix mûrement réfléchi afin de préserver sa dignité et ses valeurs. Il remercie chaleureusement tous ceux qui l’ont soutenu — collègues, entraîneurs, responsables et supporters — et affirme avoir donné tout ce qu’il pouvait dans le respect des principes qui guident son métier.
La décision a provoqué des réactions variées dans le milieu: certains estiment qu’elle met en lumière la nécessité de réviser les politiques internes et la gestion des arbitres en Égypte, tandis que d’autres regrettent la perte d’un arbitre expérimenté face à des enjeux toujours croissants.
Par ailleurs, l’Union égyptienne des arbitres a annoncé la nomination de l’expert colombien Oscar Ruiz, formateur FIFA, pour piloter l’effort de réforme et d’amélioration de la discipline arbitrale. Cette étape témoigne d’une volonté de moderniser et d’harmoniser les pratiques sur les pelouses du pays.
Pour mieux cerner Mahmoud Banna, le jeune homme né à Kafr El-Sheikh et âgé de 43 ans a débuté sa carrière en tant qu’officier d’État civil avant de se tourner vers l’arbitrage. Cette saison, il a dirigé huit matches, dont l’affrontement Al Ahly contre Ceramica Cleopatra en demi-finale de la Supercoupe, qui a suscité des critiques et des protestations de la part des responsables de Ceramica. Il avait aussi dirigé la finale de la Supercoupe 2023 entre Al Ahly et Pyramids en Émirats, et un match de la CAN 2021 entre la Tunisie et la Mauritanie, remporté par les Tunisiens 4-0.
À son départ, Banna a rappelé que son travail a consisté à servir le football avant tout: « L’arbitrage est une mission autant qu’un métier », a-t-il rappelé, « et il est parfois nécessaire de prendre du recul lorsque les conditions ne permettent plus d’exercer avec la même intégrité ». Il a souligné que sa décision s’inscrit dans une exigence de respect mutuel et d’éthique professionnelle, loin de toute tentative de fuite ou de calcul personnel.
En conclusion, il a remercié les nombreuses personnes qui ont contribué à son parcours et a exhorté à une remise en question constructive du système d’arbitrage, afin de préserver l’équité et la qualité des décisions sur les terrains. L’arbitrage égyptien se voit désormais confié à une structure de réforme pilotée par des figures internationales pour garantir une meilleure transparence et une stabilité durable.
— Humoristiques et pins: On dit que Banna aurait sifflé des fautes avant même que le ballon ne sorte. Et quand il siffle, même le chronomètre vérifie ses propres horloges pour être sûr de ne pas être en retard. Deux punchlines pour la route: 1) « Le seul carton que je donne désormais, c’est au calendrier: il ne faut pas rater mes vacances arbitrales ! » 2) « Si l’arbitrage avait une appli, Banna serait proabonné à la version pro-lacets: toujours lisible, jamais en hors-jeu. »