Ronaldo en Arabie Saoudite: quand le pouvoir pèse autant que le trophée
4 février 2026
Le feuilleton Ronaldo en Arabie Saoudite continue de nourrir les débats, alors que le projet sportif national est scruté sous toutes les coutures. Selon l’analyste britannique Simon Jordan, la crise actuelle ne serait pas née aujourd’hui mais résulterait de la relation établie dès le premier jour du contrat et du rôle qui lui a été confié au sein du projet.
Jordan affirme que Ronaldo a été présenté comme une star exceptionnelle et piloté vers chaque rendez-vous sportif possible, afin d’insuffler son aura dans l’imaginaire des décideurs saoudiens. L’accord avec Ronaldo a été conclu dans l’espoir de créer un effet de levier colossal, mais cela a aussi donné au joueur un niveau de marge de manœuvre rarement vu pour une simple star de football.
L’exemple récent autour du transfert de Karim Benzema, son ancien coéquipier au Real Madrid, du club Al Nassr vers Al Hilal, a relancé les discussions sur l’influence du Portugais par rapport au reste du groupe et sur la manière dont les décisions sont perçues par les autres clubs et par le public.
À ce stade, l’incertitude persiste quant à la participation de Ronaldo face à Al Ittihad, prévu dans les prochains jours, alors que les responsables veulent préserver son image de vedette tout en essayant de maintenir l’équilibre du vestiaire et des mécanismes internes.
Exhibition de muscles
Dans une interview enregistrée sur la chaîne TalkSPORT, Simon Jordan déclare que Ronaldo a été introduit comme une figure d’exception et que son importance va bien au-delà des performances sur le terrain. Les dirigeants du secteur sportif en Arabie Saoudite veulent le voir en tête du projet, non seulement par l’efficacité mais aussi par son pouvoir d’influence.
Jordan précise que le contrat avec Ronaldo a été pensé pour répondre à des attentes élevées sur le plan technique et médiatique; toutefois, cela s’est traduit par la délégation d’un pouvoir significatif au joueur, au point où le simple fait d’investir des sommes importantes ne suffit pas à imposer une autorité véritable sur lui.
Selon lui, Ronaldo participe désormais à un « exhibition des muscles », et il s’interroge sur la capacité à contrôler un joueur qui « n’a plus besoin de pression réelle » pour rester performant.
Une retraite anticipée
Jordan compare la situation actuelle à Manchester United et affirme que Ronaldo n’aurait pas été autorisé à agir ainsi dans l’enceinte du club mancunien, où les limites avaient été clairement posées. Le phénomène est, selon lui, le produit naturel de l’équation créée par les décideurs: plus d’argent et de statut, moins de contraintes visibles.
Il soutient que ce qui se passe aujourd’hui est une conséquence directe de la configuration mise en place par les responsables du projet, et il n’éprouve aucune sympathie pour eux. Par ailleurs, il critique le niveau de sérieux perçu du championnat saoudien, le décrivant comme une étape ou une « maison de retraite » pour d’anciens grands noms, plutôt qu’un compétiteur de premier plan comme ce qui avait été annoncé.
En résumé, la situation illustre une tension entre pouvoir, argent et performance, où Ronaldo occupe une place centrale et les autres acteurs tentent de maintenir l’équilibre tout en protégeant leur propre crédibilité.
Punchline finale: si Ronaldo peut payer les salaires, il faut peut-être aussi qu’il paie les règles — et encore, à ce tarif-là, même le ballon demande une avance de trésorerie.