Aballou : Un site fait par des fans, pour les fans

Zidane 1998: quand un prodige discret écrit l’histoire lumineuse d’une France championne

13 janvier 2026

Zidane 1998: quand un prodige discret écrit l’histoire lumineuse d’une France championne
Zidane, chef d’orchestre discret, transforme le rêve en réalité lors du Mondial 1998.

De l’ombre à la lumière, l’histoire de Zinédine Zidane, jeune milieu réservé venu de Marseille, a porté la France vers un destin historique lors du Mondial 1998. Son parcours, de la défaite de 1993 à l’épopée de 1998, illustre comment un talent peut grandir dans un cadre collectif et sous pression.

Une émergence inattendue

En 1993, la France traverse l’un des tournants les plus sombres: le but salvateur d’Emil Kostadinov prive l’équipe de la Coupe du Monde 1994. Le fossé entre le passé et l’avenir se creuse, et l’entraîneur intérimaire Aimé Jacquet doit composer avec une génération en reconstruction.

À Bordeaux, le 17 août 1994, Zidane, âgé de 22 ans, entre en scène lors d’une rencontre contre la Tchéquie et marque deux buts, envoyant un message clair: un destin est en train de naître.

La construction du projet

Jacquet ne voit pas en Zidane seulement un talent irrésistible: il voit un chef d’orchestre potentiel au sein d’un système solide. Le choix est clair: privilégier l’équilibre plutôt que d’imposer un génie solitaire. Dans le schéma 4-3-2-1, Zidane occupe l’aile gauche du milieu et Youri Djorkaeff l’ailier droit, formant une double créativité qui anime l’équipe.

Entre 1995 et 1998, les deux jouent ensemble 34 fois pour la France, remportent 25 victoires et 9 nuls, et participent à 22 buts (11 passes décisives et 11 réalisations). Cette alliance devient la colonne vertébrale d’un football d’équipe: pas de dépendance aveugle envers une star mais une force collective.

La chute puis le triomphe

En Euro 1996, Zidane vit un revers brutal: expulsé contre l’Arabie Saoudite, suspendu pour deux matchs et privé d’un rôle crucial en phase finale. Le contretemps est douloureux; il met pourtant en lumière une autre facette de son caractère: rester fidèle à la mission et revenir plus fort.

Le moment charnière survient en 1995: Romani et l’alliance Zidane-Gorkayev s’impose comme une clé de voûte: sept buts et sept passes décisives lors de la rencontre 10-0 avec l’Azerbaïdjan et la Roumanie, le duo nourrissant la renaissance d’une France libre et créative.

Le sacre de 1998 et l’héritage

Le 12 juillet 1998, au Stade de France, Zidane n’est plus ce garçon hésitant: il redevient le maître à penser. Deux têtes sur coups de pied arrêtés signent une finale retentissante: la France bat le Brésil 3-0 et s’offre son premier titre mondial. L’iconique Stade de France devient le témoin d’un moment qui unifie une nation, tandis que Zidane, figure emblématique d’une France multiculturelle, se révèle à la face du monde.

Cette victoire insuffle un nouvel âge d’or au football français: le titre européen en 2000 et l’émergence d’un leader dont le regard et l’intelligence ont redéfini le jeu. Zidane, fils d’immigrés algériens et enfant de Marseille, devient l’un des symboles les plus forts de l’intégration et de la souveraineté sportive.

Une leçon centrale traverse son parcours: la grandeur n’est pas une arrivée soudaine mais une construction patiente, façonnée dans la tempête et affermie par la confiance d’un entraîneur qui croit en vous, même lorsque les critiques s’acharnent.

Cette série Icons — dédiée à la Coupe du Monde — rappelle que l’histoire n’est pas qu’une succession de buts, mais un processus humain, où chaque erreur peut devenir le tremplin d’un destin extraordinaire.

Auteur

Avatar

Flavien Ramo

Flavien Ramo est un écrivain et chroniqueur sportif français né en 1990. Passionné par le football, il est un grand fan du PSG et partage son amour du sport à travers ses écrits.

Questions fréquentes